Mon parcours

En 1997, je participe à mon premier atelier d’écriture animé par Eva Kavian (Aganippé) et le « bien » est fait.

Des années d’écriture en atelier juste pour le plaisir, l’écriture qui prend de plus en plus de place, devient prépondérante, essentielle. Et la reconnaissance d’une première maison d’édition.

Ensuite, le désir de partage en devenant animatrice. Soutenue et formée principalement par Eva Kavian, membre de Kalame où j’ai suivi diverses formations, partages et réflexions sur la pratique, j’anime des ateliers depuis 2006. Outre ces formations et la lecture intensive, c’est mon travail lié à mes publications qui, désormais, enrichit mon expérience d’animatrice.

Lettre à un jeune nouvelliste

Tu veux savoir ce qu’est une « bonne » nouvelle. Les arts forains proposent ce qu’ils appellent des « entresorts ». Le spectateur est invité à pénétrer dans un lieu exigu, voire étouffant, pour assister à une très brève représentation. Dès le moment où il entre, il est happé par le court spectacle : pas le temps de s’installer, de réfléchir, ni d’être distrait une seconde… Déjà, c’est fini, il sort. Une fois dehors, il a l’impression d’avoir été traversé par un éclair. Il en portera la trace sous forme d’une image, d’une phrase ou encore d’un trouble intérieur qui sera peut-être douloureux, dérangeant ou jouissif. Pour moi, c’est cela une « bonne » nouvelle. La fulgurance, la force d’un éclair qui traverse le lecteur.

Tu me demandes aussi des conseils pour écrire cette nouvelle. Écris le premier jet d’un seul élan. Ordonne à ton intellect de s’écraser pour une fois ; cherche ou non une image, un rien qui t’a interpellé et s’est inscrit en toi et commence. Jette un premier mot et laisse-toi faire. Quand, la main levée, tu seras dans le doute, relis-toi et enchaîne en optant pour la simplicité, en cherchant seulement à être vrai et juste. Après ce premier jet, relis-toi encore et encore et à haute voix. À chaque passage qui te dérange, même très peu, arrête-toi, retravaille-le ; tu ne seras jamais satisfait si tu le laisses tel quel. Enlève tout ce qui est inutile, jeux de mots, termes inusités ou qui sonnent bien ou qui… Ils ne servent qu’à flatter ton orgueil et diluent le texte. Tu éviteras facilement les clichés en essayant de dire vrai. Une chute, une contre-chute ou le trait d’une étoile filante dont on ne sait où s’arrêtera sa course ? À toi de décider ce qui te paraît juste. L’essentiel c’est la fulgurance, l’intensité dans le ténu.

Une citation :
« Mes livres préférés étaient normalement des recueils de nouvelles qui vous racontent une histoire bien ficelée, avec des idées brillantes, quelquefois amusantes, ou à vous couper le souffle, des histoires qui vous accompagnent toute votre vie. »
Dai-Sijie, Balzac et la petite tailleuse chinoise

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